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Derniers instants de grossesse

Dimanche 3 août, nous sommes allées au cinéma voir La Planète des Singes et durant toute la séance, j'ai commencé à avoir quelques contractions. Nous sommes rentrées tranquillement (mon dos et les vibrations de la voiture obligent...) et avons mangé avec papa, maman, Salomé et Aurore. Les contractions ont persisté une bonne partie de la soirée, nous avons décidé vers 21h30 de nous rendre à la clinique. Une fois là-bas, les sages-femmes m'ont mise sous monitoring durant plus d'une heure et forcément, plus aucune contraction... Par mesure de précaution, une prise de sang pour la toxémie a été faite (à cause de ma tension toujours à la limite) et mon col a été vérifié. Bilan: la prise de sang montre des résultats toujours dans la norme mais à la limite et mon col est ouvert mais postérieur. Ce n'est donc pas pour dimanche! Nous rentrons à la maison vers 2h du matin bien fatiguées.

Lundi 4 août, 9h15 je pars pour mon premier monitoring de la semaine. Au début, tout va bien, la tension est une fois de plus limite (14,8-15,9), les cœurs des filles oscillent bien, jusqu'à une contraction (5 minutes avant la fin du monitoring!) assez longue (6 minutes), qui fait descendre le cœur d'une des miss à 80 (la norme étant entre 120 et 160). La sage-femme décide de prolonger le monitoring de 30 bonnes minutes, et la les cœurs des filles reprennent un rythme tout à fait normal. La sage-femme décide tout de même d'appeler le gynécologue pour le prévenir et il lui demande de programmer un monitoring le lendemain. Rendez-vous prit pour 16h30 mardi 5. Après le monitoring, je file chez l’acupunctrice qui m’a programmé une séance d’une heure d’acupuncture pour aider à déclencher l’accouchement. Les filles réagissent aux aiguilles et je sens la première (déjà bien engagée) descendre encore plus. Toutefois la seconde reste en siège. L’acupunctrice me propose une nouvelle séance mercredi si jamais les filles persistaient à rester dans leur jacuzzi personnel…

Mardi 5 août, j’arrive à 16h30 pour le fameux monitoring de contrôle. Je m’installe et comme la veille, tout va bien pendant 50 min puis une contraction de 5 minutes qui affole les rythmes cardiaques des filles dix bonnes minutes. La sage-femme rappelle mon gynécologue qui cette fois me demande de me rendre aux urgences de la clinique pour vérifier sur un monitoring plus long et aviser ensuite. Je pars chercher Clarisse et on arrive aux urgences vers 18h30. Les salles étant toutes pleines, nous avons patienté plus de deux heures avant d’être prises en charge. On m’installe en salle de pré-travail, on me branche sous monitoring et on attend… Au bout d’une heure et demie, une longue contraction arrive et met en difficulté le cœur des filles une nouvelle fois. Nous voyons leurs rythmes cardiaques descendre à 50 battements et arriver en urgence deux sages femmes tentant de remettre correctement les capteurs des filles. Le stress nous prend puis 1 minute plus tard, leurs rythmes reviennent à la normale petit à petit. On continue le monitoring pendant près d’une heure et finalement on m’annonce qu’on va m’hospitaliser et attendre la décision de mon gynécologue le lendemain. On me fait une prise de sang pour vérifier la toxémie au passage puis on m’emmène dans une chambre individuelle à l’étage. Il est minuit passé… Je demande tout de même un plateau repas et Clarisse rentre à l’appartement dormir, elle me rejoindra le lendemain matin. Et c’est parti pour une première nuit d’angoisse.

Mercredi 6 août, Clarisse me rejoint vers 8h à la clinique, on prend ma tension (toujours limite 14/8) et on attend patiemment le gynécologue. Il arrive vers 11h30 et nous explique qu’il veut programmer une césarienne en urgence à cause des souffrances fœtales que provoquent les contractions mais que les anesthésistes refusent de me faire une péridurale ou une rachi ! En effet, trop de facteurs de risques (2 !!) : surpoids et grossesse gémellaire. Le gynécologue, lui, refuse de m’accoucher sous anesthésie générale… Un bras de fer s’engage entre les médecins, on parle même de m’envoyer en urgence à l’hôpital pour m’y faire accoucher… On doit me donner des nouvelles dans la journée… Finalement, le soir, toujours aucune nouvelle et la sage-femme vient me réveiller pour me faire un monitoring à 00h, qui s’avère tout à fait normal.

Jeudi 7 août, le gynécologue passe me voir vers 8h pour m’annoncer que l’on va me refaire un monitoring en fin de matinée et qui si il est bon, il me laissera sortir pour que je passe le week-end à la maison. 10h, la sage-femme vient me faire le fameux monitoring qui s’avère tout à fait normal jusqu’à ce qu’au bout d’une heure, une contraction arrive et les rythmes cardiaques de filles baissent légèrement. La sage-femme arrivant à ce moment, elle débranche le monitoring sans même regarder les battements cardiaques des filles et nous dit que tout va bien… Nous ne comprenons pas sur le moment. Le gynécologue repasse vers 11h30 et me donne son accord pour la sortie et me demande de venir le voir lundi matin vers 9h pour reparler de l’accouchement et de ses modalités. Il précise qu’il n’y a pas d’urgence pour le moment et qu’on allait attendre au moins 37 semaines (soit mardi) avant de faire quelque chose (en tout cas de trouver un anesthésiste qui veuille bien tenter une péridurale ou pas…). Il m’explique que mes résultats de toxémies sont limites (urée à 57, « on s’inquiète à partir de 60 »), ma tension est limite, bref tout est limite donc rien d’alarmant…

Au final, je sors à 12h08, Clarisse me ramène à la maison et pars travailler. Nous sommes en colère, fatiguées et stressées et ne comprenons pas tout ce qui se passe : la veille on nous parle de césarienne en urgence et ce jour on me fait sortir en me disant que rien ne presse… Je rentre déterminée à me fatiguer dans la journée et dans le week-end afin de déclencher des contractions et je parle à ma première poupette et lui demande de « péter la poche des eaux »… Je pleure une bonne partie de l’après-midi et je dors le restant du temps, ça commence bien. Quand Clarisse rentre, je cherche des informations sur internet sur la césarienne et commence tout doucement à me faire à l’idée… J’éteins et m’endors vers 1h du matin.

Vendredi 8 août, 1h30, je sens une grosse douleur dans le bas du ventre, comme si la première des miss avait décidé de me mettre un coup de tête dans mon bassin, je pousse un cri qui réveille Clarisse. Elle essaye de me mettre sa main sur mon ventre pour m’apaiser mais j’ai vraiment très mal et envie d’aller aux toilettes et quelques secondes après ce coup, je sens un liquide qui sors, la première poche des eaux est percée… Je me lève en catastrophe et file sous la douche affolée, je ne suis plus prête… Nous prenons une bonne douche et préparons les affaires (la valise ayant été défaite pour mon hospitalisation) et direction la maternité.

Nous y arrivons un peu en stress vers 2h30. La réaction du personnel qui nous accueille ne nous rassure pas du tout : « _ Mais vous n’étiez pas hospitalisée ? », « _ Si mais on m’a fait sortir ce midi », « _ Une décision a été prise pour votre accouchement ? », « _ Non, pas à notre connaissance », « _ Bon bah on va vous installer dans une salle de travail, mais c’est juste pour avoir un monitoring pour les jumelles, ce n’est pas pour accoucher maintenant et on prévient le gynécologue et l’anesthésiste de garde. » La sage-femme vient m’installer dans la salle d’accouchement « Lilas », me fixe le monitoring, vérifie ma tension et examine mon col : « _ Ah vous êtes à 2 cm ! » puis repart pour voir si les médecins ont pris une décision. Pendant ce temps, les contractions commencent, je prends un peu d’homéopathie pour soulager la douleur, et se rapprochent de plus en plus et moi j’ai de plus en plus mal. Je commence à crier de temps en temps et m’affole car la douleur est de plus en plus forte, je ne me sens pas capable de supporter ça des heures (je ne suis qu’à 2cm et on m’a prévenu que pour une première grossesse le col s’ouvre en moyenne d’un centimètre par heure…) et d’accoucher sans péridurale… Je sens en plus que ça commence à pousser, je hurle et toujours pas de décision médicale en vue... Je fais tout pour me détendre et commence à me concentrer sur ma respiration et « accepter » les contractions, j’ai déjà légèrement moins mal. La sage-femme revient vérifier mon col, toujours à 2 cm, ça fait une bonne heure mais elle part assez vite quand je lui dis que j’ai envie de pousser… 5 minutes plus tard, elle revient avec l’anesthésiste, qui m’annonce qu’il va essayer de me faire la péridurale quand même pour éviter une césarienne sous anesthésie générale en urgence (avec la garde de nuit…) et un transfert en urgence à l’hôpital... (C’est rassurant !!!). Il fait sortir Clarisse et me demande de m’assoir, de ne pas bouger (facile avec des grosses contractions toutes les 2 min) et de me concentrer sur ce qu’il va me demander. Il arrive assez vite à trouver la zone péridurale mais il a du mal à poser le cathéter. Il parvient à me poser la péridurale au bout de 30 minutes et je commence déjà à avoir les effets, la douleur s’atténue… Il m’explique que la gynécologue devra surement me faire une manœuvre intra-utérine pour le deuxième bébé et que la péridurale n’aura aucun effet dessus… Mais bon ça y est je suis prête à accoucher par voie basse. Clarisse revient près de moi et la sage-femme réexamine mon col et m’annonce 7 cm, il est 4h45. Je ne sens plus la douleur mais je sens que ça pousse. Je regarde Clarisse et lui dit : « dans 10 minutes je pousse, je le sens ». La sage-femme revient réexaminer mon col 10 minutes plus tard, il est ouvert à 9 cm. La gynécologue arrive à 5h et m’annonce que je suis complètement dilatée, elle se prépare et on va y aller ! Et là, toute l’équipe arrive autour d’elle : l’anesthésiste, deux sages-femmes, une auxiliaire et la pédiatre. Clarisse est à mes côtés, elle demande si elle peut couper les cordons mais on lui explique que ce n’est pas possible étant donné qu’il faut aller le plus rapidement possible pour faire sortir le deuxième bébé. Nous sommes un peu déçues mais le plus important étant qu’elle reste à mes côtés…

On attend la prochaine contraction, la sage-femme me prévient que l’on voit ses cheveux et je commence à pousser sans problème (merci les cours de préparation à l’accouchement et à la sophrologie !) et là en deux poussées (2 contractions), Madeleine sort avec un cri à 5h14 sans que j’aie l’impression d’avoir fourni un effort considérable. L’équipe médicale est assez impressionnée ! On me l’a pose sur mon ventre rapidement pendant que la gynécologue perce la seconde poche des eaux. Madeleine est emmenée par la pédiatre pour ses premiers soins et on m’annonce qu’à la prochaine contraction, je dois recommencer pour la deuxième. La gynécologue ne veut pas faire de manœuvre intra-utérine et comme la deuxième est en siège, les médecins n’ont pas le droit de toucher le bébé. Elle a déjà un petit pied de sorti. Je fais une première poussée et elle sort à moitié, faisant rire tout le personnel médical car la tête n’est pas encore sortie que la miss fait déjà pipi et caca sur la gynécologue… Et une deuxième contraction suivie d’une deuxième poussée et je sors Aliénor toute seule à 5h23. Elle ne crie pas tout de suite mais a les yeux grands ouverts… On l’emmène également pour les premiers soins, Clarisse l’accompagne pendant que la gynécologue s’occupe de mes soins. Elle revient moins de 5 minutes plus tard avec mes deux petits amours en pleine forme.

 

On m’annonce une petite Madeleine de 45 cm pour 2,720 kg et une petite Aliénor de 44 cm pour 2,480 kg. Etant donné que Aliénor fait moins de 2,5 kg, on nous prévient qu’elle risque d’être emmenée en néonat pour être réchauffée mais qu’avant on va les mettre en peau à peau avec moi afin de voir de quelle manière elles régulent leur température. Finalement, nous allons rester en peau à peau en salle de travail près de 6 heures et comme leur température est bonne, on nous monte ensemble dans notre chambre. Nous sommes sur un petit nuage (et nous avons beaucoup de mal à en redescendre…) : nos trésors tant désirés et tant attendus sont là, nous avons beaucoup de mal à réaliser !!!

 Nous vous présentons Madeleine (bonnet blanc) et Aliénor (bonnet rose):

Derniers instants de grossesse

 

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